Happy…? : Chapitre 11 – Coupable

Gim TaeHyeong

    J’ouvre les yeux et une douce odeur me chatouille les narines. Mon ventre gargouille instantanément! J’ai faim! Je lâche Hyeong que je tenais comme un nounours en faisant attention à ne pas le réveiller et me lève. Je ne fais pas trop de bruit car je veux être le premier à manger avant qu’il n’y ait plus de choix! 
Je me mets à renifler et je suis l’odeur qui me mène bien évidemment à la cuisine. Et là, je vois de dos Nuna qui fait à manger en fredonnant. Je me glisse comme un chat à ses côtés pour voir ce qu’elle fait à manger.

« Nuna! Ça sent trop bon!
— KYA! T-T-TaeHyeong! Ah! Tu m’as fait peur!
— Hihi! Désolé! »

    Je lui tire la langue et pique un bout de champignon.

« Je vais réveiller les autres! J’ai faim!!! »

    Je ne lui laisse pas le temps de répondre et cours vers la chambre pour réveiller Jin Hyeong. Mais quand j’entre dans le couloir il est déjà là, paniqué.

« J’ai entendu quelqu’un crier! Qu’est-ce qui s’est passé???
— C’est rien, Hyeong! Viens, Nuna a fait le petit déjeuner!
— Mais… Hein? Elle a cuisiné? Et t’es déjà debout, toi?
— Oui! Bon! Je vais réveiller les autres! »

    J’ai faim, moi! Je n’ai pas le temps d’attendre! Je toque puis entre sans attendre dans la chambre de Hyeong.

« DEBOUT!!! C’EST LE MATIN!!!
— Ta gueule, le nain! » me répond Hyeong tandis que l’autre grogne en se cachant sous les couvertures.

    Je ne me laisse pas faire pour si peu et ouvre la fenêtre. Les deux râlent, tant pis. Je me glisse sous la couette, entre les deux, et je rampe comme dans les films militaires. J’entends le vampire qui se plaint que je suis froid mais c’est faux, je ne suis pas froid, c’est sous leur couette qu’il fait super chaud! En tout cas, il faut que je me dépêche car j’ai peur que l’un des deux lâche un pet atomique et que je meure asphyxié. J’arrive enfin à la surface et je prends Hyeong dans mes bras.

« Hyeooooong, j’ai faiiiim.
— Putain, Tae, tu fais chier… Laisse-nous dormir…
— Mais c’est Nuna qui a fait à manger et ça a l’air super bon…
— Bien sûr que c’est bon, si c’est Nuna qui l’a fait, marmonne l’albinos.
— Bah alors venez!!! Alleeeeez, j’ai faiiiim! je me plains en gigotant.
— PUTAIN !!! »

    Oh mince, le mort-vivant vient de se redresser d’un coup en me lançant un regard assassin. J’ai peur. C’est l’apocalypse!!! Vite! Il faut fuir!!! Je sors en trombe du lit et cours me réfugier dans la cuisine, derrière Hyeong.

« Tae, qu’est-ce qui se passe?
— C’est l’apocalypse!!! Il y a un mort qui vient de se réveiller et il en a après moi!!! Au secours, Hyeong! Sauve-moi!
— Mais qu’est-ce que tu racontes? T’es tombé sur la tête ou quoi?
— Non, il est tombé sur moi. Et il va vite le regretter. »

    Oh non! Je suis mort! Il m’a retrouvé! Il va me manger le cerveau et je vais devenir un zombie comme lui… C’est la fin… Jimin, je te lègue ma collection de boites de Pepero. S’il te plait, n’oublie pas de la compléter et de m’en laisser quelques-uns sur ma tombe.

Jeong HoSeok

« HoSu! Sors de là! C’est un ordre!
— J’en ai rien à faire! Je ne veux pas y aller! J’irai pas! Je n’irai plus!
— HoSu ne m’oblige pas à m’énerver!
— Papa, tu peux crier autant que tu veux, ça ne me fera pas sortir d’ici! »

    Ça fait une demi-heure que les parents gueulent à travers la porte de la chambre de HoSu. Impossible de l’ouvrir. Elle a dû mettre un truc devant. Mais c’est bizarre, hier encore, elle était comme d’hab et là, même moi j’ai pas pu la raisonner. Je me demande ce qui lui prend. En plus, lorsque je suis rentré, elle était encore sur son portable, j’ai entendu le vibreur jusqu’à ce que je m’endorme! Elle parle à qui jusqu’à si tard? Et maintenant, impossible de la joindre sur son portable. On dirait qu’elle l’a éteint.
Là, Papa est en train de tambouriner la porte de HoSu en devenant de plus en plus rouge de colère. Je ne l’avais jamais vu s’énerver comme ça sur HoSu. Je ne comprends vraiment pas ce qui se passe. Maman, elle, frappe aussi à sa porte, mais beaucoup moins fort. Pour moi, la scène semble surréaliste.
Au bout de quelques minutes, mon père se tourne vers moi et me hurle dessus:

« TOI, QU’EST CE QUE TU FAIS ENCORE LÀ??? FILE EN COURS!
— Non! Je ne vais pas partir alors qu’on ne sait même pas ce qui se passe! C’est sûrement grave pour qu’elle réagisse comme ça!
— TU OBÉIS!!! ÇA SUFFIT VOUS DEUX! »

    Sa peau vire au pourpre. Il fait peur mais je résiste. Je l’ignore et essaie de parler à HoSu.

« HoSu… S’il-te-plaît, réponds-moi… Dis-moi ce qu’il se p-
— MAIS TU ES SOURD OU QUOI??? Mais qui m’a foutu des enfants pareils??? »

    Mon père m’attrape un peu violemment par le bras et commence à me tirer vers les escaliers mais je me défais de son emprise.

« Je ne veux pas y aller, je te dis! Pas tant que HoSu ne sor-
— OPPA! TOI AUSSI, DÉGAGE! TU ME FAIS CHIER A FAIRE SEMBLANT DE TE PRÉOCCUPER DE MOI! MÊLE-TOI DE CE QUI TE REGARDE, MAINTENANT! ET VA TE FAIRE FOUTRE!
— HoSu!!! Ton langage! » la réprimande Maman.

    Je suis sous le choc. Jamais elle ne m’a parlé comme ça. D’habitude, on reste plus ou moins solidaires tous les deux malgré nos disputes. Papa en profite pour m’attraper par la peau du cou pendant que Maman continue de réprimander HoSu sur sa manière de parler. Mais à quoi ça sert de toute façon? Qu’est-ce qu’on en a à faire du langage qu’elle utilise? C’est loin d’être la priorité, actuellement. Je ne comprends pas cette obsession des parents pour des choses aussi futiles. La prise de mon père est forte et ça me fait un peu mal mais je ne bronche pas. Je suis encore choqué par ce qu’elle m’a dit. Je me laisse traîner jusqu’à la porte d’entrée et il semble se calmer un peu.

« Écoute. Je sais que tu t’inquiètes pour ta sœur mais tu dois toi aussi aller en cours. Je ne veux pas que vous vous retrouviez tous les deux à sécher aujourd’hui.
— Je sais mais-
— Il n’y a pas de « mais ». Tu obéis et puis c’est tout. Et de toute manière, vu la façon dont elle t’a parlé à l’instant, le fait que tu sois présent ou pas ne changera pas grand-chose. »

    Bam! En plein dans le mile. Et ça fait mal. Très mal. Il a raison, je ne peux rien faire. Elle ne veut pas de mon aide. Je capitule et commence à enfiler mes chaussures.

« J’y vais, je déclare sans conviction.
— Bonne journée, fils.
— … Merci… »

    Il referme la porte et je reste là, comme un idiot, devant la maison. Je ne sais pas quoi faire, ça m’énerve. Je me sens complètement impuissant. Je ne sais pas ce qu’elle a, je ne peux pas l’aider, je ne comprends rien… Je soupire et me dirige vers le lycée en traînant des pieds.

Jeong HoSu

    Ils m’énervent. Ils m’énervent tous. Hier, j’avais voulu parler. J’avais voulu me confier à Oppa. Après avoir reçu tous ces messages, je sentais que je n’allais plus réussir à tenir seule. Mais non. Encore une histoire avec ses amis. Comme d’habitude. Et là, il fait comme s’il se préoccupait de moi. Menteur. Oppa, tu n’es vraiment qu’un menteur. Un menteur et un hypocrite. Tu t’occupes de moi quand ça t’arrange, histoire de passer pour un gentil grand-frère. Mais au final, tu n’en as plus rien à faire de moi, maintenant. Tu as tes amis. Je n’existe plus. Plus personne n’en a rien à faire de moi dans cette maison. Ni dans cette ville.
Sur cette pensée, je m’enfonce les ongles sous la peau. Je m’énerve. Je me griffe. Tout m’énerve. Je me griffe encore plus fort. Mon bras me brûle, je le regarde: il est couvert de griffures et de traces d’ongle. Le sang perle à certains endroits, c’est gonflé à d’autres. Je me laisse absorber par cette vision pendant quelques secondes mais je me fais vite réveiller par Papa qui continue à tambouriner ma porte.

« HOSU!!!! »

    Il m’énerve. J’attrape ma lampe de chevet et la balance sur la porte. J’entends un cri. C’est ma mère. Ma chère mère si aveugle. Je veux qu’ils s’en aillent. Qu’ils me laissent tranquille. Qu’ils arrêtent de faire semblant.

« PARTEZ!!! »

    Je hurle sans même m’en rendre compte.

« FAITES PAS SEMBLANT DE ME REMARQUER MAINTENANT! CONTINUEZ A ÊTRE AVEUGLES ET BARREZ-VOUS! LAISSEZ-MOI TRANQUILLE! Reprenez vos vies si parfaites sans moi… »

    Ma phrase se finit dans un sanglot. J’ai l’impression que je vais me noyer dans mes propres larmes. Je me sens nulle. Vide d’énergie. Inutile. Je veux disparaître. Mes ongles se renfoncent dans ma chair, j’ai l’impression que ça ne me fait plus rien, que la douleur physique ne m’atteint plus.

« Ma chérie, essaie ma mère, explique-nous… Si tu ne nous dis rien, on ne pourra pas comprendre… »

    Sa phrase m’énerve. Depuis quand ils se préoccupent de ce qui m’arrive? Depuis qu’on est arrivés dans cette ville, ils ne font attention qu’à eux. J’en ai marre de me sacrifier pour eux. Je me lève, attrape mon étagère et la renverse sur le sol. Ma mère hurle. Mon père se remet à crier.

« MAIS ÇA NE VA PAS LA TÊTE???
— NON ÇA VA PAS! ALORS DÉGAGEZ!!!! »

    Je me jette sur mon bureau et envoie valser tout ce qu’il y a dessus. Ma mère continue de hurler et je commence à entendre des sanglots se mêler à sa voix.

« REGARDE CE QUE TU FAIS A TA MÈRE!
— ELLE N’A QU’A PAS RESTER LA! C’EST DE VOTRE FAUTE! TOUT CE QUE JE VEUX C’EST QUE VOUS ME FICHIEZ LA PAIX!!! C’EST TROP TARD, MAINTENANT!!! LAISSEZ-MOI!!! »

    Je m’époumone, je suis essoufflée. Ma cage thoracique, ma gorge, mon cœur et mon crâne me brulent, me font mal. Silence. Je n’entends que mon souffle irrégulier et les sanglots étouffés de ma mère. Puis, la voix de mon père brise ce calme pourtant si apaisant.

« Très bien. On s’en va. Mais sache que ce n’est pas fini.
— C’est ça, dégagez. »

    J’entends distinctement mon père soupirer puis je les entends partir. Je me laisse tomber par terre.

    J’en ai marre. Je veux mourir. Ça me soule. La vie me soule. Ils me soulent tous. Je me sens lasse. Quels que soient les efforts que je fais, ça se passe mal. Pourquoi est-ce que tout se passe toujours mal? Je ne comprends pas. Pourtant, je fais des efforts? Pourquoi est-ce que ce n’est jamais suffisant? Ça me fatigue. Je n’en peux plus… Je suis fatiguée de vivre…

Gim NamJun

    Je suis en cours de littérature. À ma gauche, YunGi est préoccupé par sa sœur. À ma droite, sur le bureau d’à côté, HoSeok, qui d’habitude est rayonnant de bonheur, fait la gueule. Bon, je comprends que YunGi s’inquiète mais HoSeok, je ne pige pas pourquoi il est dans cet état. Il est arrivé en retard tout à l’heure et il a presque envoyé chier le prof quand il s’est excusé. Complètement surnaturelle comme scène.
Bref. Ça sonne enfin. YunGi s’affale sur le bureau et enfouit sa tête dans ses bras. Je sais que ça veut dire qu’il ne veut pas que je lui parle. Je vais donc voir HoSeok. Mine de rien, même si c’est limite fatigant de le voir tout le temps transpirant de joie de vivre, ça devient flippant quand il ne sourit pas. On dirait une autre personne. Je lui tape dans le bras.

« Bah alors HoSeok, il est passé où ton sourire? Ça va pas?
— Nan désolé, je ne suis pas d’humeur.
— Ça, j’avais remarqué.
— Cool. »

    Oh, merde. Je ne sais pas réconforter les gens moi… Et puis, les mecs, ça n’a pas besoin de discuter pendant des heures, si? Putain… Je sais pas faire ça! C’est Hyeong qui est bon à réconforter, pas moi!

« Euh… Bref. Qu’est-ce qui se passe?
— Ma sœur.
— HoSu? Encore?
— Ouais, encore. »

    Merde! Je l’ai vexé? C’est pas le but, mec! Désolé! Je vous dis, je ne sais pas faire ça, moi!

« Non mais ça fait déjà quelque temps que ça ne va pas, nan? Il se passe quoi pour que ça te mette dans cet état?
— Elle m’a envoyé chier.
— Hein? Mais ça arrive tout le temps ça! Ne t’inquiète pas! »

    Il soupire bruyamment. Quoi? C’est pas normal? On s’envoie souvent chier avec mes frères et on ne déprime pas comme ça! Bon, après, j’avoue que j’imagine mal la petite HoSu envoyer quiconque bouler. Mais quand même, de là à déprimer… C’est un peu exagéré non?

« Elle s’est barricadée dans sa chambre et nous a envoyé chier les parents et moi… C’est la première fois qu’elle me dit d’aller me faire foutre. »

    J’allais répliquer mais ça a sonné pile à ce moment et comme par hasard, le prof est arrivé pile à l’heure. Putain… Bref, je retourne à mon bureau et donne un coup de coude à Yun pour le réveiller. Il grogne mais se redresse.

   Durant le cours, j’écoute à peine. Je ne suis vraiment pas d’humeur. J’ai l’impression de ressentir des ondes négatives des deux côtés. C’est super déprimant. Du coup, je me mets à repenser à la lettre de l’autre pute, là. Et si on ne lui envoie pas d’argent et qu’elle revient nous voir? Je n’ai aucune envie de me retrouver de nouveau sous le même toit qu’elle. Elle va encore tout chambouler. Je sais que Tae a envie de la revoir mais la dernière fois, il a pleuré et était triste pendant des jours quand elle est partie. Ça ne sert à rien qu’elle revienne si c’est pour l’abandonner juste après.
HoSeok se fait réprimander par le prof car il ne suit pas. Il s’excuse machinalement et fait semblant de se concentrer sur le cours. J’essaie de me mettre à sa place… Si Tae venait à se barricader dans sa chambre? Ouais, je serais sûrement inquiet. En plus ça risque d’arriver si l’autre conne ramène son cul.
Putain, c’est la merde. Bref. Je secoue la tête et me force à prendre en note ce qu’il y a au tableau. Il faut qu’au moins l’un de nous trois suive.

Jeon JeongGuk

    C’est la pause déjeuner. J’ai passé toute la matinée à guetter la porte d’entrée et mon portable. HoSu n’est pas venue ce matin. C’est vraiment bizarre. Je me demande si elle est malade. Je n’ose toujours pas aller voir ses amies pour leur demander de ses nouvelles. Ça m’énerve d’être aussi timide. J’ai beau réussir à parler normalement à TaeHyeong-i Hyeong et Jimin-i Hyeong, je n’arrive pas à parler à d’autres personnes. Je me suis tellement habitué à n’approcher personne ces dernières années que je ne réussis même plus à approcher mes propres camarades de classe. C’est assez triste, quand même. Je pensais que ça allait s’arranger quand j’ai commencé à bien m’entendre avec HoSu. Mais vu que ces derniers temps, elle m’évite… Et puis, hier, elle était tellement bizarre. Elle semblait aller vraiment mal. Encore plus que d’habitude.

     Je n’arrive absolument pas à me concentrer sur mes exercices. C’était pareil ce matin, à la pause. Et même durant les cours, je pense que je n’ai jamais été si… déconcentré. Rah! Cet exercice m’énerve! J’ai besoin de bouger. Je me lève brusquement et sors de la classe. Peut-être que passer un peu d’eau fraîche sur mon visage va m’aider un minimum. Je me dirige donc vers les toilettes des garçons et fais couler l’eau froide. J’attends qu’elle refroidisse bien et m’en asperge le visage. Je me regarde dans le miroir. Je me dégoûte. Je tiens à HoSu. Grâce à elle, j’ai pu rencontrer des gens qui m’acceptent comme je suis. Son sourire me manque. Ses salutations me manquent et je suis incapable de me secouer pour prendre de ses nouvelles. Je suis pitoyable. Je remets de l’eau glacée plusieurs fois sur mon visage. J’ai envie de crier, mais je ne peux pas. On va me prendre pour un fou. Je pourrais lui envoyer un message mais la dernière fois que je lui en ai envoyé un, elle a arrêté de me parler. Alors j’ai peur. Pourtant, je ne vois pas comment ça pourrait être pire que maintenant. Du coup, peut-être devrais-je retenter le coup? C’est probablement la meilleure chose à faire. Je vais essayer de ne pas me focaliser sur les cours cette fois. Juste lui demander si ça va, peut-être? Non. C’est complètement débile. Il est évident qu’elle ne va pas bien. Sinon, elle serait venue en cours. Alors lui demander ce qui ne va pas? Mais elle va encore me dire de m’occuper de mes affaires… Quoi que, qui ne tente rien n’a rien. Oui, voilà. Je vais lui envoyer un message pour lui demander ce qu’elle a. Je fixe mon reflet pour me donner du courage et stoppe l’eau, bien décidé à lui envoyer au moins un SMS. De toute façon, je n’arriverai pas à me concentrer tant que je n’aurai pas au moins tenté de prendre de ses nouvelles. Donc il faut que j’essaie. Convaincu, je me dirige vers la sortie mais une conversation se déroulant dans le couloir m’interpelle.

 « Vous pensez qu’elle a enfin compris?
— Je ne sais pas, mais ça serait mieux qu’elle crève. J’en ai marre de la voir.
— En plus, on doit faire semblant d’être gentilles avec d’elle. Alors que c’est qu’une merde.
— Dites, vous ne pensez pas que ça suffit? Imaginez qu’elle fasse une bêtise…
— Bah ça serait bien, ça! Comme ça elle arrêtera de tourner autour de Kookie! Moi ça me va!
— Mais dis pas ça! C’est grave!
— Quoi? Tu vas te ranger de son côté?
— De toute façon, elle a une réputation de pute maintenant. C’est trop tard, pour elle.
— Ouais! HoSu la catin! Haha!
— Moi je la trouve sympa, pourtant…
— Tu la défends en plus? Tu la préfères à moi? »

     Je ne rêve pas, elles parlent bien de HoSu. J’ouvre d’un coup la porte et tombe nez à nez avec ses « amies » qui semblent choquée de me voir.

« J-JeongGuk? Qu’est-ce que tu fais là?
— Vous… C’est à cause de vous que HoSu n’est pas venue ce matin?
— Qu-Quoi? Mais… Mais non, voyons! C’est notre amie, on ne ferait pas ça!
— Mais oui, c’est juste qu’elle ne se sentait pas bien, renchérit une autre.
— Je vous ai entendues.
— Hein?
— Je vous ai entendues traiter HoSu de catin. Je… Je vous ai entendues dire qu’elle n’était qu’une merde. Que ce serait mieux qu’elle crève…
— JeongGuk, attends, tu-
— Attendre quoi? Pourquoi vous faites ça? Pourquoi vous lui faites du mal? Vous n’étiez pas amies? »

    Deux d’entre elles baissent les yeux.

« C’est de votre faute si elle n’est pas venue, n’est-ce pas? C’est aussi à cause de vous qu’elle va si mal depuis-
— Pourquoi tu la défends? »

Celle qui vient de parler fond en larmes.

« Pourquoi est-ce que tu fais attention à elle? Qu’est-ce qu’elle a de si spécial? Moi ça fait trois ans que je suis dans la même classe que toi et tu ne m’as jamais adressé la parole, ne serait-ce que pour me dire bonjour! Qu’est-ce qu’elle a de plus que moi?
— Je…
— Tu veux savoir pourquoi on a fait ça? Parce que c’est injuste! Et c’est ta faute! Si tu ne lui avais pas accordé autant d’importance rien de tout ça ne serait arrivé! Rien du tout! »

Sans me laisser le temps de réagir, elle part en courant dans la direction opposée à la salle de classe. Prises de court, deux de ses amies mettent quelques secondes avant de la suivre. La seule restante me lance un regard haineux.

« Tu sais, Jeon JeongGuk. J’étais intéressée par toi, à la base, moi aussi. Mais BoNa, elle, elle t’aime. Elle est vraiment amoureuse de toi. »

    Quoi? Elle m’aime? Mais qu’est-ce qu’elle raconte?

« Tant que tu restais sur ton nuage, inaccessible, on avait appris à te regarder de loin. Mais tu as laissé quelqu’un t’approcher. C’est toi qui a fait de HoSu quelqu’un de spécial, de détestable. T’avais qu’à nous laisser t’approcher, nous aussi. Ou ne pas la laisser, elle non plus. Tu ne peux pas savoir à quel point c’est dur de voir que tu souris tous les jours à quelqu’un alors que nous, tu nous ignores complètement.
— Je… Je suis désolé.
— Pff… C’est ça, ouais. C’est un peu trop tard, maintenant » murmure-t-elle avant de partir, à son tour, dans la direction opposée à la salle de classe, en me bousculant légèrement au passage.

Je reste immobile devant la porte des toilettes pendant quelques minutes avant de repartir dans ma salle de classe, perdu dans mes pensées. Alors ce serait de ma faute? Voilà pourquoi je ne voulais pas m’attacher aux gens. Ça c’est tellement mal passé que je ne voulais plus me faire d’amis. Et HoSu, je ne sais pas comment elle a fait. Mais je ne voulais pas… Je ne voulais pas causer autant de problèmes. Je ne voulais pas qu’elle souffre à cause de moi. J’arrive à mon bureau et cherche mon portable. Je vais lui envoyer un message. Je ne sais pas ce que je peux faire pour l’aider mais je dois au moins lui montrer que je suis là pour elle. Je vais faire tout mon possible pour la soutenir.

Bak Jimin

    Tae ne va pas bien. Il a l’air super préoccupé. Pourtant, ce matin, il avait l’air super heureux. Il me disait que la sœur de YunGi cuisinait super bien, qu’il faudrait que je passe chez eux pour goûter à ses plats. Mais petit à petit, il a commencé à perdre sa bonne humeur et il n’a pas arrêté de regarder son portable. Il m’a expliqué que c’était parce que HoSu ne lui répondait pas. Apparemment, elle lui répond toujours. Et aujourd’hui, même à la pause midi, elle ne lui avait toujours pas répondu. Du coup, il passe son temps sur son téléphone, il écoute à peine le cours et il semble complètement absent. C’est la première fois que je le vois aussi perturbé. C’est à se demander s’il n’est pas amoureux de la petite HoSu… mais je sais que ce n’est pas le cas. C’est un peu comme pour moi avec Kookie. On tient beaucoup à eux…

    Les cours sont finis pour nous. On a une heure à tuer avant d’aller chercher Kookie. TaeTae est encore sur son téléphone. Il s’affale sur son bureau et je l’entends soupirer.

« Eh, t’inquiète, elle va sûrement te répondre ce soir… Si ça se trouve, elle n’a plus de batterie et elle a juste oublié de charger son téléphone.
— Mmmh…
— Alleeeez, tout à l’heure quand on verra Kookie, on pourra lui demander des nouvelles de HoSu!
— Ça ne sert à rien, il ne sait jamais rien, ton biscuit, là… »

    Je ne sais pas quoi répondre. C’est vrai qu’à chaque fois que Tae demande des nouvelles de HoSu à Kookie, il devient tout triste et dit qu’ils ne se parlent plus. Tae pousse un soupir de plus en faisant tournoyer son téléphone.
Il me déprime. Du coup, je me mets à déprimer aussi et je m’affale à mon tour sur mon bureau. Même si je sais que je n’aurai pas de réponse, je décide d’envoyer un message à Kookie.

De: Bak JiMin
A: Jeon JeongGuk

Kooooookiiiiiiieeeeee~ Je m’ennuiiiiiiiiiie~ 

    J’envoie le message et lâche mon téléphone sur la table en laissant tomber ma tête sur mes bras. Mais à ma plus grande surprise, mon smartphone se met à vibrer. J’ouvre mes messages et découvre que Kookie m’a répondu.

De: Jeon JeongGuk
A: Bak JiMin

Je suis désolé, JiMin-i Hyeong. Je ne sais pas quoi te répondre. 

    Mais il n’est pas en cours, lui?

De: Bak JiMin
A: Jeon JeongGuk

Tu n’es pas en cours? 

    Il me répond que son cours est annulé et que du coup, il est seul dans sa classe. Mais… HoSu ne devrait pas être là, elle aussi? Si j’ai bien compris, elle n’a pas le droit de sortir elle non plus. Il m’avait raconté ça, une fois. Je lui demande.

De Jeon JeongGuk
A: Bak JiMin

En fait, elle n’est pas venue aujourd’hui. Et c’est à cause de moi. Hyeong, je ne sais pas quoi faire… 

    Comment ça c’est à cause de lui?

« Hey! Qu’est-ce qu’il a fait à ma petite HoSu, ton biscuit? »

    Je sursaute. Tae est en train de lire la conversation que j’avais avec Kookie par-dessus mon épaule. Il m’arrache mon portable des mains et avant que j’aie le temps de réagir, appelle Kookie en activant le haut-parleur.

« A-Allo? répond Kookie à voix basse.
— Qu’est-ce que t’as fait à HoSu, encore? l’agresse Tae. Pourquoi elle ne répond pas à mes messages? Pourquoi est-ce qu’elle n’est pas venue en cours? Tu lui as fait quoi? Réponds!!!
— Tae! Du calme! Tu ne lui laisses même pas le temps de répondre! »

    J’essaie de le calmer en lui attrapant le bras mais il se défait d’un coup sec.

« Comment tu veux que je me calme? On n’a aucune nouvelle de HoSu et c’est de sa faute!
— Laisse-lui au moins le temps de s’expliquer! Kookie! Qu’est-ce qui se passe? Pourquoi tu dis que c’est de ta faute?
— Je… Hyeong… HoSu ne va pas bien…
— Merci, ça j’avais remarqué! le coupe Tae.
— Mais Tae! Laisse-le parler!!!
— Roh, OK, je me tais! Grouille et accouche, le p’tit beurre!
— Je suis désolé… Ce sont ses amies… Ce ne sont pas des amies. Elles ont lancé des rumeurs, je crois. Et apparemment, c’est de ma faute. Parce que j’ai voulu devenir ami avec HoSu… Elles ont dit qu’il aurait été mieux qu’elle soit morte. JiMin-i Hyeong, j’ai peur… Je ne sais pas quoi faire pour l’aider…  »

    Je suis un peu secoué par la nouvelle. HoSu, cette gamine semble être un vrai petit ange, pourquoi est-ce qu’on voudrait lui faire du mal? Et au final, je ne comprends pas le rapport avec Kookie. Après un petit temps de réflexion, Tae se lève brusquement, m’annonce qu’il va voir HoSu, prend ses affaire et s’en va. Je suis complètement perdu.

« H-hyeong? Tu es encore là?
— Ah! Kookie, pardon! Tae vient de partir en trombe, je…
— Estcequonpeutyalleraussi?
— Hein?
— Je, commence-t-il avant de reprendre sa respiration. Vraiment, je m’inquiète beaucoup pour HoSu et on m’a dit que c’était de ma faute alors… J’aimerais l’aider, moi aussi. Je ne sais pas quoi faire mais je n’arrive pas à tenir en place, ici… Je sais que je n’ai pas le droit de sortir mais comme le cours a été annulé, ça ne se saura pas, n’est-ce pas? »

    Sa voix tremble, il n’est pas du tout rassuré, je le sens. Je soupire, râle un coup contre TaeHyeong qui est parti sans même prendre le temps de nous proposer d’aller avec lui et cède à la demande de Kookie. Direction, la maison des Jeong!

Lien vers la fic

Lien vers le chapitre précédent

Lien vers le chapitre suivant

Publicités

Publié le 4 avril 2017, dans Happy...?, Mes fanfictions, et tagué , , , , . Bookmarquez ce permalien. 1 Commentaire.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :