Happy…? : Chapitre 5 – Jalousie

Jeon JeongGuk

    J’entre dans la salle de classe. Comme d’habitude, je suis le premier arrivé. Il n’y a personne. Je regarde l’heure : huit heures dix. Oh. J’ai cinq minutes d’avance par rapport aux autres jours. Ça veut dire que je peux m’accorder cinq minutes pour moi et uniquement pour moi.

    Je prends mon téléphone lance une musique. Gara Gara GO !!! de BIGBANG. Je me mets à danser tout seul, en chantant en même temps. Ici, maintenant, je peux me lâcher. Il n’y a ni mes camarades de classe, ni mes parents, ni personne. Je suis tout seul jusqu’à au moins huit heures vingt. Je danse, je chante. J’adore danser, j’adore chanter. Mais malheureusement, mis à part les cours du piano que j’ai tous les samedis, mes parents n’acceptent pas que j’aie une activité autre que scolaire. La musique, autre que la musique classique, n’a pas de place dans ma vie.

    La chanson se termine, je suis essoufflé. Il est réellement difficile de chanter tout en dansant… Surtout sans pratique régulière. J’aimerais tellement pouvoir m’entraîner plus souvent, avoir le temps, être plus libre…

    Je regarde l’heure sur mon portable puis je le range dans mon sac en prenant soin de le mettre en silencieux. Il est huit heures et quart. On commence par quel cours déjà le mercredi matin ? Ah oui, mathématiques. Je sors mes affaires de mathématiques accompagnées de mes devoirs supplémentaires. D’où viennent ces devoirs ? Ce sont ceux que me donne mon professeur particulier, du jour au lendemain. « Oh, mais tu pourras les faire durant la pause, non ? ». Pfff… Aucun répit.

    Je m’attelle donc à faire mes exercices hors programme. Petit à petit, les élèves arrivent et s’installent, discutent, rigolent. Et moi, je continue mes devoirs.

« Bonjour JeongGuk!
— Oh! Bonjour HoSu! Comment vas-tu?
— Ça va très bien et toi?
— Ça va, merci. »

    HoSu est la seule personne à qui je parle dans cette classe. Voire dans cet établissement. Mis à part le corps enseignant bien sûr. Même si nos conversations se limitent à des salutations, elle me sourit toujours. Elle s’en moque si je n’ai pas beaucoup de choses à dire. En une semaine et demi, elle est plus proche de moi que n’importe qui durant ces trois années de collège. En plus, elle est sérieuse donc respecte le fait que je travaille.

    Elle sort ses affaires et juste après, la cloche sonne et le professeur arrive. Et c’est parti pour deux heures de mathématiques. Je range mes « devoirs » et me concentre sur ce que dit l’enseignant.

    À la fin du cours, HoSu se lève et va voir ses amies. C’est la pause. Et qui dit pause, dit devoirs. Encore. Je ressors donc mes exercices et je les continue.

Jeong HoSu

    Je vais voir HaNeul, BoNa, GaEul et MiHyeon. Ce matin, en arrivant, je n’ai même pas eu le temps de leur parler, je suis arrivée trop tard…

« Salut les filles!
— Salut Hosu, ça va? me demande gentiment HaNeul.
— Oui, oui et vous?
— Bah… Nous oui, mais BoNa ne se sent pas très bien. Elle a ses règles…
— J’ai trop mal au ventre… J’ai l’impression de crever…
— Ah mince. Attends! Je crois que j’ai des médicaments dans mon sac. Je vais aller t’en chercher. »

    Je me dirige vers mon bureau. JeongGuk est en train de faire des exercices. Toujours en train d’étudier. Je me demande ce qu’il fait et où est-ce qu’il trouve autant de chose à faire. A chaque fois, il est concentré, complètement plongé dans ce qu’il fait… J’aimerais bien être son amie mais je ne vois pas du tout comment m’y prendre. Il est en permanence occupé par ses exercices et je n’ai pas envie de le déranger… Déjà, il me dit bonjour en souriant tous les matins. Je sais que j’ai de la chance car tous les matins, je vois son sourire magnifique. Alors je suis heureuse. J’aimerais le voir sourire plus souvent, mais il est toujours absorbé, toujours sérieux. Mais au moins, son sourire matinal me donne du courage pour toute la journée! Hihi!

    Je trouve enfin la boîte de Spasfon. J’en prends deux comprimés et reviens vers mes amies.

« Ah! Bah enfin! T’en a mis du temps! râle BoNa.
— D-Désolée…
— Excuse-la HoSu. Elle a mal donc elle est de mauvaise humeur, me rassure GaEul.
— Mais non, je ne dis que la vérité! Elle a vraiment mis du temps! T’as bien vu, elle était encore en train de mater Kookie! Mademoiselle se rince les yeux pendant que moi, je souffre, putain! »

    Oups. Je rougis et me sens coupable. Elles ont remarqué. Je suis si peu discrète? Il faut que j’arrête de me perdre dans mes pensées à le regarder. On m’a déjà fait la réflexion plusieurs fois. Et là, j’ai fait du tort à une de mes amies. Je m’excuse et donne un comprimé à BoNa. Les autres filles sourient, gênées. Je vais faire plus attention, BoNa a l’air de m’en vouloir…

« Bah alors, HoSu, on mate JeongGuk? me taquine HaNeul en me donnant un coup d’épaule pour détendre l’atmosphère.
— Euh… Non… Enfin… Désolée… L-Le Spasfon était tout au fond de mon sac… »

    Bon. Je m’enfonce. Ma réaction fait rire les filles. Sauf BoNa, bien sûr.

« Nan mais plus sérieusement HoSu. Tu devrais laisser tomber. T’as bien vu, il est inapprochable, ce mec.
— Oui, je sais, MiHyeon. Ne t’inquiète pas, je ne me fais pas d’illusions là-dessus. »

    La cloche sonne. Je soupire de soulagement. La conversation redevenait un peu trop gênante. Je salue mes amies d’un signe de main et je rejoins ma place.

Jeon JeongGuk

    Ah. Je suis content. J’ai fini mes exercices du jour durant la pause midi. Ça veut dire qu’aujourd’hui, j’aurai un pause, une vraie, durant celle de l’après midi. Je range mes affaires, tout fier de moi. La sonnerie annonce le début imminent du cours et HoSu reprend sa place à côté de moi. Le professeur d’histoire arrive.

    À la fin du cours, il annonce qu’on doit faire un exposé par groupe de deux. Comme d’habitude, je vais être tout seul, au plus grand bonheur de ma mère. La voix du professeur me sort de mes pensées.

« Comme vous êtes maintenant un nombre pair dans la classe, Jeon JeongGuk, tu te mettras avec Jeong HoSu. Elle est nouvelle et tu es un excellent élève. Tu vas pouvoir l’aider pour cet exposé et lui expliquer ce qu’on a fait durant le premier trimestre afin qu’elle puisse rattraper son retard. »

    Pardon? Je vais avoir un binômes? Mais comment vais-je annoncer ça à ma mère? Et comment va-t-elle réagir? Je me tourne vers HoSu, paniqué. Elle est toute rouge. Avant que je ne puisse dire quoi que ce soit, le professeur nous rappelle une fois de plus que l’exposé est pour mercredi prochain et s’en va. Sérieusement, il s’en va? Comme ça? Tout simplement ? Mais ce n’est pas simple du tout, pour moi… Comment est-ce que je vais faire ? Ah… Pourquoi est-ce que ma mère est aussi compliquée? Et pourquoi est-ce que je ne peux pas faire mon exposé seul, comme d’habitude? Je ferme les yeux et laisse ma tête tomber dans mes bras, désespéré.

« Euh… JeongGuk? Ça va?
— AH! Oui, pardon.
— Je suis désolée… pour l’exposé. Ça semble beaucoup t’embêter… »

    Je me redresse brusquement. J’avais oublié qu’elle était juste à côté de moi. Et moi, je montre clairement mon embarras. La pauvre. Je la regarde. Elle a les larmes aux yeux. Mince. Je dois faire quoi, là? Je réfléchis à toute vitesse. C’est une bonne élève, elle a l’air sérieuse et est polie. Ça pourrait peut-être passer auprès de Maman… Mais est-ce qu’elle va résister à l’interrogatoire parental ? Punaise… Comment est-ce que je vais gérer ça ???

    Je l’entends renifler. Elle pleure ? Ah, mais non, je ne veux pas la faire pleurer, moi… Justement! J’aimerais bien que ma mère ne lui donne pas envie de se jeter du haut d’un pont!

« Ah! Non! Mais… Ne pleure pas…
— Mais… je… je ne veux pas… être une… une charge… pour… pour t-toi, répond-elle difficilement, en commençant à sangloter.
— Non, détrompe toi! Tu n’es pas une charge! C’est juste que… Mes parents sont… comment dire… assez… élitistes. Du coup, je crains leur réaction car ils préfèrent que je travaille seul sur mes exposés afin que je travaille au maximum dessus.
— Ah… Je suis désolée… Je… Je vais faire de mon mieux! Je travaillerai dur!!! »

    Le changement est brusque. Elle a l’air tout à coup extrêmement motivée. Comme si cet exposé était une sorte de défi. Pourtant, ses yeux sont encore tous mouillés… Mais son regard exprime une forte détermination. Elle est vraiment mignonne. Hein? Mais qu’est ce que je raconte, moi? En voyant sa tête, je pouffe de rire. Elle ressemble à un enfant à qui on aurait confié une mission de la plus haute importance.

« Je te crois, je te crois. En revanche, il faut voir quand est-ce qu’on pourra travailler dessus car le soir, je ne suis pas libre.
— Ah… Dans ce cas, on peut faire ça chez moi, si tu veux! Samedi, ça te va?
— S-Samedi? Euh… Non, je suis désolé. J’ai cours de piano le samedi après-midi.
— Oh! Tu fais du piano??? Trop bien! »

    Mais comment peut-elle être aussi émerveillée alors qu’il y a à peine une minute, elle était à la limite de fondre en larmes ?

« Euh… Oui, je fais du piano.
— Depuis longtemps?
— Mmmh… Depuis mes cinq ans…
— Ouah… Tu dois être excellent! Tu es vraiment plein de talents, JeongGuk. Je t’envie. Moi, je suis nulle à ces trucs-là. M’enfin. Du coup, on se voit dimanche après-midi? Ou tu es occupé?
— Je ne pense pas être occupé. Mais il faut que je demande à mes parents… D’ailleurs, tes parents, tu ne leur as même pas demandé si je pouvais venir…
— Oh! Ne t’inquiète pas! Ils seront d’accord. En plus, si c’est pour étudier, ils n’ont aucune raison de refuser. »

    Et voilà, elle sourit de nouveau. Elle est simple, comme fille. Naturelle et pleine de vie. Et spontanée, aussi. D’ailleurs, heureusement qu’elle a proposé chez elle, au moins ça évitera les questions indiscrètes de mes parents. En revanche, comment est-ce que je vais faire pour leur annoncer ça ? Vont-ils accepter que j’aille chez elle ? D’un côté, c’est le professeur qui a imposé le groupe. Et il faut bien qu’on travaille l’exposé car il est important que je garde un bon dossier. Donc j’ai un argument.

    Je suis content. Je vais pouvoir sortir de cette prison pendant un après-midi. Je souris. La cloche sonne. Déjà ? Heureusement que j’ai fini mes devoirs ce midi. Je range mes affaires d’histoire pour sortir ceux de physique.

    Une personne entre. Ce n’est pas la professeur de physique. C’est une femme assez âgée et plutôt petite que je n’ai jamais vue. Plus personne ne parle dans la classe.

« Bonjour les enfants. Votre professeur, Madame Jang, est malade. Elle ne pourra donc pas assurer le cours d’aujourd’hui. Étant donné que c’est votre dernier cours de la journée, ceux dont les parents ont signé la décharge à propos des cours annulés peuvent rentrer chez eux. Les autres, veuillez rester dans cette salle. Vous êtes libres de faire ce que vous voulez mais il ne faut pas que vous dérangiez vos camarades des classes voisines. Sur ce, je vous laisse. Au revoir. »

Jeong HoSu

    Dès que la femme est sortie de la classe, des cris de joie ont retenti. J’observe la classe. La majorité des élèves commencent à ranger leurs affaires pour rentrer chez eux. Certains se regroupent pour se concerter sur là où il vont aller. JeongGuk, lui, soupire et sort de la classe en laissant ses affaires. Pourquoi est-ce qu’il laisse ses affaires?!? Moi, je range mes affaires de cours en me demandant ce que je vais faire durant cette heure. Oh, les filles se dirigent vers moi.

« HoSu! Ça te dit de faire du shopping avec MiHyeon et moi?
— Hein? Et GaEul? Et BoNa?
— BoNa va rentrer chez elle. Elle se sent vraiment trop mal pour encore se promener. Je pense que ton médoc l’a un peu soulagé mais pas assez. Elle va sûrement se reposer. GaEul a insisté pour l’accompagner au cas où. Mais elle nous rejoindra sûrement après!
— Ah… J’espère qu’elle ira mieux…
— Mais oui, t’inquiète! Ce ne sont que des règles. Bon, allez, tu viens avec nous?
— Euh… Non, désolée… Je ne pourrai pas.
— Hein? Mais pourquoi? Me dis pas que t’as quelque chose de prévu, je ne te croirai pas, on vient tout juste de nous annoncer qu’il n’y avait pas cours.
— Non, bien sûr que non. C’est juste que mes parents n’ont pas signé la dé-
— Mais on s’en fout de ça! Ils la signeront après!
— Bah… En fait… Ils ne comptent pas la signer…
— Hein? Mais pourquoi? T’es sérieuse pourtant! T’as fait quelque chose de mal? Et puis, au pire, on s’en fout!
— Ils sont assez protecteurs… et je n’ai pas envie de les inquiéter. Donc il ne vaut mieux pas. »

    HaNeul n’a pas l’air de me comprendre. Mais comment lui expliquer sans me dévoiler ? Depuis ce qui s’est passé dans mon ancien collège, mes parents ont trop peur de ne pas savoir où je me trouve… Et je ne peux pas leur dire ça, moi. Enfin, pas maintenant, en tout cas… C’est trop tôt!

    La voix de MiHyeon me sort de mes pensées.

« Dis plutôt que tu veux rester avec ton Kookie chéri!
— Mais… Mais non! Pourquoi est-ce que tu dis ça?
— JeongGuk est le seul de la classe pour qui les parents n’ont pas signé la décharge Donc il est le seul à rester, ici. Tu veux rester seule avec lui, c’est ça ??? Avoue-le!
— Mais non! Ce n’est pas ça! Je ne savais même p-
— C’est ça! Menteuse! Je t’ai déjà dit, tu n’as aucune chance avec lui! Alors abandonne! Déjà que tu as fait chier BoNa tout à l’heure avec ça! Oh et puis merde! Tu me soules. HaNeul, j’y vais. Je t’attends dehors. »

    Et elle s’en va, furieuse. Qu’est ce qui vient de se passer ? Je ne comprends pas… Je n’ai rien fait de mal… Je me tourne vers HaNeul et je remarque qu’elle n’a pas l’air à l’aise.

« HaNeul, je te jure que je ne savais pas qu’il n’y avait que JeongGuk qui restait. Crois-moi…
— Je te crois… Mais… Comment te dire… Ça fait un bout de temps que MiHyeon regarde JeongGuk de loin… Et quand le prof a décidé de vous mettre ensemble, elle l’a assez mal pris.
— Mais je ne l’ai pas choisi!
— Je sais, je sais. Mais là, le fait que tu insistes tant à rester ici… »

    Mince. Je ne peux même pas me justifier. Je ne peux pas en parler. Non. Je ne veux pas en parler. Je ne veux pas me souvenir. Mais je ne veux pas non plus me faire d’ennemis.

« Désolée… Mais qu’est-ce que tu as fait pour que tes parents veuillent te forcer à rester ici ? D’habitude c’est plutôt une punition.
— Je… Ils sont très protecteurs et assez facilement paniqués. Du coup, je n’ai pas envie de les inquiéter…
— Donc tu ne viens pas, tu es sûre ?
— Non, je ne viendrai pas… Désolée.
— OK…
— HaNeul! Vraiment, je suis désolée.
— Pour moi, ce n’est pas très grave. Je m’en fiche de JeongGuk. Par contre, pour MiHyeon…
— Tu pourras lui dire que je m’excuse ?
— Ouais, mais il vaut mieux que ce soit toi qui le fasse. Attends demain. Laisse la se calmer pour le moment. Allez, j’y vais ! Salut !
— Salut… »

    Elle a l’air déçue. Déçue par moi. Déçue que je ne vienne pas. Je n’ai pas envie de décevoir qui que ce soit moi… Mais je n’ai pas non plus envie que Papa, Maman et Oppa s’inquiètent pour moi. Je ne sais pas quoi faire. J’ai envie de pleurer. Je me lève et cours vers les toilettes. Je m’enferme dans une cabine et laisse couler mes larmes. Je ne veux pas qu’on me déteste. Je ne veux pas que ça recommence. Je ne veux pas inquiéter qui que ce soit. Je ne veux pas décevoir qui que ce soit. Je ne veux pas revoir Oppa pleurer. Je ne veux pas…

    J’ai peur. Je ne sais pas quoi faire. Je me sens nulle. Je me sens impuissante. Incapable de me débrouiller. Et tout ce que je fais, c’est de pleurer aux toilettes…

    Mes larmes finissent par s’arrêter de couler. Je regarde dans le vide, en face de moi. Je suis encore aux toilettes. Je soupire. Je suis pitoyable. Je devrais retourner en salle de classe. Je sors, me rince la figure et me dirige vers notre salle. Tout le monde est parti sauf… Jeon JeongGuk. J’avais oublié qu’il n’y avait que lui qui serait là. Il n’a pas remarqué ma présence.

    Je l’observe. Il… chante ? Il chante tout doucement, les écouteurs dans les oreilles. Je me rapproche. Il a une voix douce… elle est magnifique. Comme lui. D’habitude, durant les pauses, il ne fait pas de bruit et n’écoute pas de musique, il est juste en train de travailler en silence. Mais là, il le fait en chantant, les écouteurs sur les oreilles. Je me demande quelle matière il est en train d’étudier. Je me rapproche un peu plus et regarde au dessus de son épaule. Oh ! Mais il dessine ! Donc il ne fait pas que travailler… Ça me rassure un peu. Je m’en doutais mais bon. Pour le moment, je ne l’ai pas vu en train de faire autre chose. On dessin est assez enfantin mais il dessine bien… Je suis heureuse d’avoir pu le voir comme ça. Il a l’air tellement épanoui !

    Tout d’un coup, il bascule en arrière en soupirant et en s’étirant. J’ai juste le temps de pousser un petit cri de surprise avant de me prendre ce que je pense être son poing gauche dans la figure.

« Aïe!!!Que…? HoSu? Qu’est-ce que tu fais là? Mince! Pardon. Je t’ai fait mal? Ça va?
— Oui, oui… Ça va…
— Encore désolé, HoSu. Mais… qu’est-ce que tu fais là ? Pourquoi tu n’es pas partie ?
— Mes parents n’ont pas signé et ne comptent pas signer la décharge.
— Oh… Désolé pour toi…
— Ça ne me gêne pas tant que ça, tu sais. Je les comprends. Ce sont plus mes amies que ça gêne…
— D’accord. »

    Gros blanc. Bon. Au moins, il ne me pose pas plus de questions par rapport à mes parents. Mais là, c’est un peu pesant, quand même… Allez, HoSu ! Trouve quelque chose à dire !

« Tu… Tu chantes très bien, tu sais!
— Tu m’as entendu???
— Oui! Tu as une très jolie voix. Très douce et agréable à écouter. Et tu dessines très bien aussi! »

    Il se précipite alors sur son dessin pour le cacher. Il rougit. Mince, je ne voulais pas le mettre mal à l’aise, moi…

« Euh… Tu sais… C’est un compliment. C’était sincère… Je t’ai toujours vu en train de travailler, du coup… Là, quand je t’ai vu aussi… aussi… mmmh… aussi… Enfin, tu étais vraiment… »

    Magnifique. Mais je ne peux pas dire ça. Je rougis à mon tour et baisse les yeux. Je me sens bête, là. Bon. HoSu ! Trouve un truc ! Pourquoi est-ce que ce sont toujours les patates douces qui me viennent en tête? J’ouvre la bouche et il prend la parole.

« Merci. Ça me fait plaisir. Vraiment. »

    Je lève les yeux et le regarde. Il m’offre un large sourire. Un sourire vraiment magnifique. J’aimerais qu’il soit toujours en train de sourire. Du coup, je souris aussi.

    Au bout d’un moment, il me propose de prendre de l’avance sur le devoir d’histoire. Bon, j’aurais préféré qu’il rechante mais il n’a pas voulu… Trop timide. Pourtant, j’aurais aimé le revoir dans cette sorte de transe… Il était tellement beau… Et ça faisait tellement plaisir à voir…

    Quand la cloche sonne, c’est lui qui prend l’initiative de me dire au revoir. C’est la première fois. Il me l’a dit avec un fabuleux sourire. Je suis heureuse. On s’est rapprochés. Je suis vraiment heureuse.

Gim NamJun

    Ah, enfin la fin des cours. Vivement la fin de la semaine… Ouais, je sais, on n’est qu’au milieu de la semaine…

    Bref, je donne une tape sur l’épaule de YunGi pour le réveiller. Ouais, il dort. Encore. En même temps, le cours de philo… Enfin ça dépend des gens, mais bon. Moi, c’est un cours qui me permet d’écrire des paroles. Disons que ce cours m’inspire… Enfin, bref. YunGi ne se réveille toujours pas. Je le secoue un peu plus, il grogne. Bon. Il est réveillé. Et voilà HoSeok qui se ramène, tout joyeux, comme d’hab.

« Journée finiiiiiiie!Aaah… HoSeok… tu t’excites trop pour un rien, putain… Comment tu fais pour avoir autant d’énergie ?
— C’est plutôt toi qui manques d’énergie, YunGi ! On est jeunes, encore!
— Parle pour toi…
— Oh, ça va, tu n’as qu’un an de plus ! Fais pas ton papi! »

    Je les regarde se chamailler. HoSeok a vraiment beaucoup d’énergie, c’est vrai. Et YunGi… A part pour tout ce qui touche à la musique ou à la nourriture…Bref, il doit sûrement utiliser toute son énergie pour ces deux choses.

« HoSeok, laisse tomber, il n’y a que la bouffe et la musique qui le motivent!
— Rooooh… OH ! En parlant de bouffe, ça vous dit de manger chez moi ce soir ? Ma mère me harcèle pour que vous veniez ! Elle sera super contente !
— Euh… T’es sûr que ça ne la gêne pas ? je lui demande, gêné de m’incruster.
— Mais oui, NamJunie. Elle est super cool, je te l’ai déjà dit !
— Ouais, sûrement. Mais mon vieux, ou je devrais plutôt dire « mon petit » vu que tu es plus jeune que moi, mes parents à moi ne sont pas aussi cools que les tiens. Du coup, ça sera sans ton cher et tendre Hyeong, c’est à dire moi, l’inestimable Min YunGi.
— Hein ?!? Mais pourquoi ? YunGi… s’il te plaiiiiit… Hyeoooong~ !
— Eh ! Fais pas cette tête ! J’y peux rien moi si mes vieux sont cons ! J’aimerais bien manger chez toi, moi !
— Bouh… »

    Et voilà, HoSeok boude. C’est vrai, les parents de YunGi sont plutôt pointilleux sur les repas. Ils veulent absolument qu’il dîne chez lui. Sauf quand il s’engueule avec eux et qu’il dort à la maison… Les rares fois où il a pu venir manger à la maison sans s’être fait virer de chez lui, ce sont les fois où YunA Nuna a milité avec nous pour les convaincre.

« Ah ! J’ai une idée! »

    Tiens, il ne boude plus, celui-là ? Il affiche de nouveau un grand sourire.

« Du coup, je vous invite à passer la journée de dimanche chez moi ! Ça pourrait passer auprès de tes parents ? Tu pourrais déjeuner chez moi dimanche ?
— Dimanche midi ? Mmh… Ouais, je pense que ça sera bon. Je demanderai à Nuna de m’aider.
— Ah ! Et toi, NamJun, ça te va ?
— Ouais, ouais. Tu sais, moi, je n’ai pas de parents pour me faire chier à la maison donc bon…
— OK~!!! Du coup, NamJunie, tu viens manger à la maison ce soir et dimanche midi !
— Hein ? Ce soir aussi ? »

    Il me regarde, le sourire jusqu’aux oreilles. Je soupire et j’accepte. Il pousse un énorme cri de joie et commence à sautiller partout. Je vous jure, ce mec, on dirait qu’il est tout le temps défoncé. Il ne faut surtout pas qu’il essaie l’exta ou n’importe quelle autre drogue, celui-là… Bref, on décide de rentrer. J’envoie rapidement un message à Hyeong pour le prévenir que je ne mange pas à l’appart. On dit au revoir à YunGi et HoSeok m’indique le bus à prendre pour aller chez lui.

    On arrive assez vite à son arrêt. Je suis un peu stressé. Et un peu gêné, aussi. Je sais que les parents ont souvent du mal à m’accepter, vu que je suis quelqu’un qui vit sans ses parents et qui ne connaît pas son père. Je me tourne vers lui et je vois qu’il est tout content.

« HoSeok, tu es sûr que ça ne gêne pas ? Tu as décidé ça tout d’un coup, sans même-
— Mais je te dis que c’est boooon ! Elle me harcèle tous les soirs pour me dire de vous inviter à la maison ! »

    Je soupire, résigné. On arrive devant chez lui. C’est une maison simple avec jardin. Ils ne doivent être ni riches, ni pauvres. J’ai un peu le trac. Bref, c’est trop tard de toute manière. HoSeok se dirige vers l’entrée et ouvre la porte.

« Maman, je suis rentré ! J’ai amené un ami, il peut dîner avec nous ? »

    Hein ? Mais il n’avait vraiment pas prévenu? Même pas un SMS? Putain, HoSeok, t’abuses ! Je me retourne vers lui, prêt à gueuler, mais je suis stoppé dans mon élan par l’arrivée de sa mère.

« Oooooooh ! Ça y est ! Tu as enfin amené un de tes amis à la maison ! Bonjour, mon petit (« mon petit »? Mais elle est bien plus petite que moi!), je suis la mère de HoSeok!
— Bon… Bonsoir, Madame. Je m’appelle Gim NamJun, je suis dans la même classe que votre fils.
— Oooooh ! Trop mignon ! Très poli, en plus ! Mais tu peux m’appeler Ajumma, tu sais !
— Mamaaaan, c’est bon, laisse-le… »

    Il retire les mains de sa mère qui était en train de me pincer les joues. Sa mère est tellement… accueillante. Je souris timidement. HoSeok est en train de se chamailler avec sa mère quand j’entends quelqu’un arriver en courant.

« OPPA!!! »

    Une fille vient de se jeter dans ses bras. C’est… c’est sa copine ? Putain… Je me sens vraiment de trop, là.

« Alors ? Comment va ma petite sœur adorée ? T’as passé une bonne journée ? »

    Attends… Il vient de dire « petite sœur », là ? C’est elle sa sœur ???

« HoSu !!! Sois polie, dis bonjour ! »

    Après avoir été réprimandé par sa mère, la « petite sœur » se retourne vers moi et sursaute en poussant un petit cri. Quoi? Je fais peur? Bref. Elle devient toute rouge. Plutôt mignonne, cette petite.

« B-Bonjour… Je m’appelle Jeong Ho… HoSu… Enchantée ! »

    Et elle se courbe. Non. Elle ne se courbe pas. Elle est carrément pliée en deux, là ! On dirait qu’elle essaie de toucher ses jambes avec sa tête ! Elle va finir par nettoyer le sol avec ses cheveux à cette allure!

« Oh là ! Pas la peine de te courber autant pour ça ! Moi, c’est Gim NamJun. Je suis dans la classe de ton frère. Enchanté. »

    J’essaie de faire le sourire le plus sympathique du monde, histoire de la rassurer. Elle relève doucement la tête et en me voyant, elle repousse un petit cri et rebaisse tout de suite la tête. Bon. Maintenant c’est sûr, je lui fais peur. HoSeok éclate de rire.

« T’inquiète, NamJunie ! Elle est toute timide, cette petite.
— Eh !!! Je ne suis pas petite!
— Mais oui, mais oui. Tu viens NamJun, je vais te montrer ma chambre. »

    On monte dans sa chambre. Elle est assez classique, sauf qu’elle est juste… trop propre. Beaucoup trop propre et bien rangée pour un mec de notre âge… Je remarque qu’il a une collection de figurines sur une de ses étagères. Je pouffe de rire. Un vrai gamin, celui-là.

    Bref. On discute jusqu’à ce que sa mère nous appelle pour manger. Je rencontre le père de HoSeok, très gentil, comme la mère. Ils sont tous gentils dans cette famille ou quoi ? Je les observe. Ils discutent, rient, me posent des questions. Très accueillants. On se sent vite à l’aise avec eux. Même la petite sœur a l’air d’avoir moins peur de moi. C’est vraiment le stéréotype de la famille parfaite. Je suis un peu jaloux. Mais en même temps, je profite un peu de cette ambiance chaleureuse qui m’est inconnue.

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Publié le 2 septembre 2016, dans Happy...?, et tagué , , , . Bookmarquez ce permalien. 2 Commentaires.

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