Le Pari

Je suis seul.

Tu m’as laissé seul.

Je te hais.

Je t’aime.

Petit con.

    Je t’avais dit de ne pas t’approcher de moi. Je t’avais dit que c’était dangereux. Je t’avais dit que j’étais dangereux. Mais tu ne m’as pas écouté. Vraiment con. Et maintenant, t’as l’air de quoi? Tu crois que c’est classe de mourir aussi jeune?

    Il n’y a rien de classe. Tu es juste con.

Menteur.

    Tu m’avais dit que tu ne m’abandonnerais pas. Tu avais dit que tu ne me laisserais jamais seul. Alors que tu es mort. T’es vraiment un sale menteur. Je te déteste. Je te hais. Pourquoi a-t-il fallu que je t’aime, hein? Tu n’es qu’un sale menteur. Tu me laisses. Tu me trahis. Tu m’abandonnes.

    Je t’avais dit que tu allais finir par partir. Je t’avais dit que tu allais finir par me laisser. Mais tu ne m’as pas cru, tu as voulu parier. Mais c’est moi qui ai gagné. Tu es mort à présent. Tu as perdu le pari. Tu m’as laissé tomber.

    Tu n’avais pas le droit. Tu étais à moi. Tu m’as trahi. Avec qui je vais jouer maintenant ?

    Tu vas me dire que j’ai triché. Mais non, on n’avait jamais dit que c’était interdit. Et puis, tu le savais. Tu voulais te voiler la face en te disant que ce n’était que passager, que ça allait passer, mais tu le savais. Tu savais que j’aimais ça. Tu le savais très bien. Je t’ai dit que tu allais souffrir. Tu ne m’as pas cru, alors je t’ai fait souffrir.

    Tu as crié, tu m’as supplié. Je me souviens de tes plaintes, je me souviens de tes gémissements de douleur, les mêmes que la première fois que je t’ai pénétré. Mais cette fois, ce n’était pas moi, c’était ma lame. Oui, ma lame, celle qui t’a déchiré. Celle qui t’a fait perdre ton pari. Et cette fois, il n’y a que moi qui y ai pris du plaisir.

    Tu étais tellement doux, Jin. Tu étais tellement serré… Il y avait de la résistance et moi, j’adorais. Même quand je t’ai découpé, j’ai senti cette résistance. C’était délicieux, je suis sûr que tu le sais.

    Je t’aime, tu sais. Je t’aime dans ta totalité. J’aime ton corps. Mais j’aime aussi ton âme. Elle est douce, comme tes lèvres. Elle est gentille, pas comme la mienne.

    Mais je t’avais prévenu. Tu as soit disant voulu croire en moi, sauf que tu n’as pas cru en mes paroles. J’allais te faire mal, et ça a été le cas. Tes larmes ont coulé, je les ai léchées. J’ai aimé leur goût salé.

    Maintenant, j’ai assez joué. Je veux que tu reviennes. Mais je sais que c’est impossible. Tu es mort, maintenant. Je t’ai tué. Pourtant, je me suis attaché à toi… Je ne t’ai pas menti quand j’ai dit que je ne pouvais pas vivre sans toi. Tu m’as dit pareil. Sauf que toi, tu es mort, maintenant.

C’est toi qui as triché.

Je t’aime.

Tu me fais chier.

Tu es parti?

Alors je viens aussi.

Comme ça je pourrai de nouveau te torturer.

Le monstre va rejoindre sa princesse adorée.

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Publié le 6 janvier 2016, dans One Shots, et tagué , , , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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